Fabien, marathonien romantique
Nord Eclair 11/4/07 (2/2)
Fabien Debaucheron est un aventurier, un fonceur qui n'a pas peur de souffrir... Cette fougue, il la doit à la course à pied qui l'accompagne depuis le collège. Le déclic, l'envie de se surpasser, de mordre le macadam. Fabien l'a eu devant son poste de télévision. C'était en 1984, l'année des Jeux Olympiques de Los Angeles. « L'image de cette marathonienne suisse qui termine la course en titubant. Ça m'a intrigué et bouleversé. Je me suis demandé ce qui pouvait bien pousser quelqu'un à se surpasser comme ça », se souvient Fabien.
Un mariage...
À 17 ans, Fabien boucle son premier marathon, celui de Paris. On est en 1989. Il part ensuite à Marseille où il s'essaie à la piste et au
cross country. Entre réussites et blessures, le sportif avance. En 1999-2000, il est vice-champion de France en national 2 sur 1 500 mètres,
« à l'époque je n'avais qu'un but, les JO de 2000 ». Mais voilà, le sort s'acharne, un souci au tendon d'Achille arrête net la progression du
Nordiste qui revient dans son Nord natal. Une nouvelle vie commence pour lui. « Je suis devenu chauffeur de bus à Transpole ». Côté sport,
Fabien arrête la piste et se remet à la route. En 2003, il termine 95ème au marathon de Paris qu'il boucle en 2h33 minutes ! Et à nouveau
deux années de galère au cours desquelles les blessures se succèdent.
... et des marathons
En 2004, un connaissance lui parle du raid Sahara en Mauritanie. Le challenge l'emballe, il s'y lance en 2005 aidé par son employeur Transpole
qui finance la moitié de l'aventure. Sa première expérience avec le désert lui donne des ailes. Prochaine étape : le marathon des sable en 2006.
Une expérience douloureuse. Au bout du troisième jour, Fabien souffre de crampes à l'estomac. Après deux perfusions il est contraint à l'abandon.
Une déception mais Fabien sait alors qu'il reviendra. Il gardera la trace de cette aventure au but de son poignet durant un an : un bracelet vert
distinguant les coureurs obligés d'abandonner. « Je leur avais dit que je reviendrais et qu'en 2007, les organisateurs de la course couperaient
ce bracelet ». Parole tenue !

Il y a quelque semaines - entre le 25 et le 31 mars - Fabien a repris la route du Maroc pour son deuxième marathon des sables. Et puis pour pimenter un peu la course, se mettre la pression comme il dit, le deuxième jour il envoie un mail à ses parents, à ses beaux-parents et à son amie Christelle. Un courrier accompagné d'un bouquet de fleurs pour sa belle. Dans son message il la demande en mariage et attend sa réponse pour la dernière étape du marathon des sables. Une réponse qui doit lui être donnée par l'organisateur de la course au micro juste avant le départ. Un « Oui » retentit quelques seconde avant le début de la dernière étape du marathon des sables. Un « oui » qui va donner les ailes à Fabien qui terminera ce marathon 19ième, porté par son amour pour Christelle et une cause qu'il défend, l'association d'Athina, une jeune atteinte d'une maladie orpheline.
Mais déjà Fabien pense à l'avenir. Outre la préparation de son mariage, il a prévu de repartir à l'assaut du marathon des sables avec trois autres coureurs de Transpole et de se lancer dans le spartathlon dans deux ans. Encore une épreuve extrême au cours de laquelle Fabien devra dépasser ses limites. Mais ça, il sait faire. « et puis, je ne pourrai pas m'arrêter de courir ».







